Avant l'opération : ce qu'il faut préparer
Comme pour le « mommy makeover » : arrêtez l'aspirine, les AINS et les anticoagulants 10 à 14 jours avant l'intervention ; arrêtez l'huile de poisson, la vitamine E, le ginseng et le ginkgo pendant la même période ; arrêtez de fumer et de vapoter 4 semaines avant l'intervention et jusqu'à 6 semaines après ; achetez une ceinture abdominale ; installez un fauteuil inclinable ; faites des provisions de repas faciles à préparer et de laxatifs; prévoyez une aide à domicile suffisante pour les deux premières semaines. Votre poids doit être égal ou proche de votre poids cible avant l'intervention ; toute prise de poids après l'opération faussera le résultat.
Le jour de l'opération
L'abdominoplastie est réalisée sous anesthésie générale, dure entre 2 h 30 et 5 heures et nécessite généralement une nuit d'hospitalisation. À votre réveil, vous porterez une ceinture de compression autour de l'abdomen, des drains (retirés au bout de 5 à 10 jours), des bas de contention sur les jambes, parfois une sonde urinaire (plus fréquente en cas de lipoabdominoplastie combinée ou d'interventions de plus de 4 heures), et vous ressentirez une douleur importante. Il est impossible de se tenir complètement droit : l'abdomen a été raffermi et vous marchez courbé.
Jours 1 à 3 : pic de gonflement
La douleur atteint son paroxysme au bout de 2 à 3 jours et est importante en raison de la plicature musculaire. Prenez les médicaments prescrits à heures fixes. La marche est la chose la plus importante que vous puissiez faire au cours des 72 premières heures : 5 à 10 minutes toutes les 2 heures lorsque vous êtes éveillé, et pas seulement pour aller aux toilettes, afin de réduire le risque de formation de caillots. Pour les patientes à haut risque (IMC supérieur à 30, antécédents de caillots, opération plus longue, utilisation d’une contraception hormonale), le chirurgien peut prescrire une prophylaxie médicamenteuse (héparine de bas poids moléculaire) pendant plusieurs jours après l’opération. Utilisez le spiromètre d'encouragement que la clinique vous remet 10 fois par heure lorsque vous êtes éveillé ; la plicature musculaire augmente la pression intra-abdominale et limite la respiration profonde, ce qui, sans expansion active, peut entraîner une atélectasie ou une pneumonie. Dormez dans un fauteuil inclinable ou avec le lit surélevé au niveau des hanches, ne vous allongez pas à plat. Les drains sont contrôlés quotidiennement ; le débit est enregistré et consigné. L'abdomen est tendu, gonflé et présente des ecchymoses.
Semaine 1 : retrait des points de suture, les ecchymoses s'estompent
Les drains sont retirés entre le 5e et le 10e jour, dès que le débit descend en dessous du seuil. Retrait des sutures (externes) entre le 7e et le 14e jour ; de nombreux chirurgiens utilisent des fils résorbables. La démarche s'améliore, passant d'une posture très voûtée à une légère courbure. Port continu d'une ceinture abdominale. La douleur diminue mais reste modérée. Reprise du travail de bureau à partir de la deuxième semaine, pour les emplois sédentaires uniquement.
Semaines 2 à 4 : retour à la vie publique
La plupart des patients peuvent marcher en se tenant presque droit dès la troisième semaine, voire dès la quatrième semaine en cas de sutures plus serrées. Reprise complète du travail de bureau pour les emplois sédentaires. Éviter de soulever des charges de plus de 2 à 3 kg jusqu’à la sixième semaine. Pas d’exercices abdominaux ni de course à pied avant autorisation. Les cicatrices sont roses et à leur maximum de visibilité.
Mois 2 à 3 : le gonflement disparaît
Le gonflement diminue considérablement et le nouveau contour est clairement visible. Les cicatrices perdent leur teinte rosée. Exercices cardiovasculaires légers (marche, vélo d'appartement) à partir de la 6e semaine ; exercices de renforcement musculaire du tronc à faible intensité à partir du 2e ou 3e mois, une fois l'autorisation donnée. La sensibilité au niveau du bas-ventre est réduite et revient progressivement.
Mois 6 à 12 : le résultat final
L'évaluation définitive de la forme et de l'aspect esthétique intervient au 12e mois, et non au 6e mois, car l'œdème résiduel et la stabilisation des tissus se poursuivent tout au long de la première année. La cicatrice horizontale (basse, dissimulée sous les sous-vêtements ou le maillot de bain) est permanente, mais elle est pâle et bien masquée dès le 12e mois. Une diminution de la sensibilité dans la partie inférieure de l'abdomen, sous le nombril, est fréquente et souvent permanente, car l'intervention sectionne les nerfs cutanés lors du soulèvement du lambeau ; jusqu'à 80 à 90 % des patientes signalent une altération persistante de la sensibilité. Une grossesse après une abdominoplastie est possible, mais elle annule la réparation musculaire ; les chirurgiens conseillent généralement d'attendre que le projet familial soit achevé plutôt que de fixer un délai minimum.
Signaux d'alerte : quand contacter le cabinet médical
Appelez la clinique le jour même en cas de : fièvre supérieure à 38 °C après le troisième jour, gonflement soudain, ferme et douloureux, écoulement purulent ou jaunâtre, rougeur croissante, une peau abdominale qui prend une teinte sombre ou violacée, ou qui présente des cloques au niveau de la zone centrale ou de la ligne de cicatrice (compromission vasculaire du lambeau abdominal, nécessite une évaluation le jour même), un changement soudain du débit des drains, ou une sensation de clapotis/de vagues de liquide sous la peau après le retrait des drains (des séromes se développent fréquemment dans les 2 à 4 semaines suivant le retrait des drains et peuvent nécessiter une ponction en cabinet). Une constipation persistante depuis plus de 5 jours malgré la prise de laxatifs justifie un appel au cabinet médical pour exclure un iléus. Rendez-vous immédiatement aux urgences en cas de : essoufflement associé à une douleur thoracique (embolie pulmonaire ; le risque de TEV est le plus élevé au cours des 2 premières semaines), gonflement et douleur unilatéraux de la jambe (thrombose veineuse profonde), ou douleur abdominale soudaine et intense différente de celle habituelle.