Avant l'opération : ce qu'il faut préparer
Arrêtez de prendre de l'aspirine, de l'ibuprofène, du naproxène et des anticoagulants 10 à 14 jours avant l'intervention. Arrêtez également la prise d'huile de poisson, de vitamine E, de ginseng et de ginkgo. Il faut cesser de fumer et de vapoter 4 semaines avant l'intervention et pendant les 6 semaines qui suivent. Faites un détartrage dentaire au moins 2 semaines avant l'opération. Apportez le dossier complet de votre précédente chirurgie de remodelage du visage, y compris les notes opératoires et toute imagerie par tomodensitométrie ; le plan chirurgical dépend entièrement de l'os restant et de l'emplacement des anciens couloirs nerveux. Préparez-vous à ce que le chirurgien vous explique les limites de ce qui est réalisable ; l'os excisé en excès ne peut pas être remis en place sans une greffe complexe que la plupart des patients ne souhaitent pas.
Le jour de l'opération
La chirurgie de révision du contour du visage est réalisée sous anesthésie générale ; elle dure entre 3 et 6 heures selon les corrections à apporter et nécessite une hospitalisation d'une à deux nuits. Les incisions sont à nouveau pratiquées à l'intérieur de la bouche, souvent à travers ou à proximité des tissus cicatriciels antérieurs. À votre réveil, vous porterez un bandage compressif autour de la partie inférieure du visage, des drains, un tampon buccal et présenterez un gonflement important. La douleur peut être légèrement plus intense que lors d'une première intervention en raison du travail effectué sur les tissus cicatriciels.
Jours 1 à 3 : pic de gonflement
Le gonflement atteint son maximum entre le 3e et le 5e jour et est comparable, voire légèrement plus important, qu’en cas d’intervention initiale. La douleur est modérée à importante. Le risque de lésion permanente du nerf alvéolaire inférieur est plus élevé lors des révisions (environ 8 à 15 %) que lors des interventions initiales (environ 3 %) ; le chirurgien vous informera des risques spécifiques en fonction de l’intervention précédente. Pour les interventions d'une durée de 3 heures ou plus, l'utilisation de dispositifs de compression séquentielle sur les jambes et la mobilisation précoce réduisent le risque de thrombose veineuse profonde et constituent la norme. Les drains sont généralement retirés avant la sortie. Régime liquide uniquement. Compresses froides à l'extérieur du bandage, tête surélevée à 45 degrés. Les bains de bouche après chaque repas sont encore plus importants que dans les cas primaires, car le tissu cicatriciel cicatrise plus lentement et est plus vulnérable aux infections.
Semaine 1 : retrait des points de suture, les ecchymoses s'estompent
Le pansement est retiré vers le 5e ou le 7e jour. Le gonflement diminue, mais reste important. L'ouverture de la bouche est limitée ; chez certains patients ayant subi une intervention de révision, l'ouverture est moins grande qu'auprès des patients ayant subi une première intervention à ce stade. Le régime liquide est maintenu. Il convient de se rincer la bouche après chaque repas. Si un nerf a été endommagé lors de la première intervention chirurgicale, il faut s'attendre à ce que tout engourdissement résiduel lié à cette intervention s'aggrave temporairement avant de s'améliorer.
Semaines 2 à 4 : retour à la vie publique
Reprise du travail de bureau à partir de la 3e ou 4e semaine pour la plupart des patients. Un régime alimentaire mou est recommandé à partir de la 2e semaine, puis progressivement élargi. L'ouverture buccale continue de s'améliorer. L'engourdissement au niveau de la partie inférieure du visage et du menton peut être plus persistant que dans les cas primaires, car les nerfs ont été touchés à deux reprises. Évitez les aliments durs ou croquants jusqu'à ce que le médecin vous y autorise, généralement vers la 6e semaine.
Mois 2 à 3 : le gonflement disparaît
Le gonflement diminue considérablement entre la quatrième semaine et le troisième mois, mais la courbe de récupération est plus lente qu'après une première intervention. Le résultat commence à se dessiner. L'engourdissement s'atténue, mais le rétablissement complet de la sensibilité est moins prévisible lors des interventions de révision ; certains patients conservent un engourdissement partiel au niveau de la lèvre inférieure ou du menton au-delà de 12 mois.
Mois 6 à 12 : le résultat final
La consolidation osseuse prend entre 6 et 12 mois, voire plus lors d'une révision si le lit osseux a déjà été aminci par l'intervention précédente. Le résultat final est généralement évalué au bout de 12 mois au minimum, et non au bout de 6 mois, car les tissus se stabilisent plus lentement lors d'une révision. Il est rarement recommandé de procéder à une nouvelle révision ; chaque intervention réduit les possibilités anatomiques et augmente les risques pour les nerfs.
Signaux d'alerte : quand contacter le cabinet médical
Appelez la clinique le jour même en cas de : fièvre supérieure à 38,5 °C après le troisième jour, gonflement soudain, ferme et douloureux d'un seul côté (hématome), écoulement de pus ou goût désagréable au niveau des incisions buccales, incapacité soudaine à ouvrir la bouche, engourdissement qui s'aggrave au lieu de s'atténuer, ou écoulement visible au niveau d'une cicatrice antérieure (déhiscence de la ligne de suture). Rendez-vous aux urgences en cas de : difficultés respiratoires ou gonflement soudain et important des voies respiratoires au cours des 72 premières heures. Un engourdissement normal, une limitation de l'ouverture de la bouche et un gonflement asymétrique au cours des 4 premières semaines ne constituent pas des signes d'alerte.